Accueil OpinionInterviews Manu DIBANGO : « … Si vous n’aimez pas la nouveauté, c’est que vous n’aimez pas la musique »

Manu DIBANGO : « … Si vous n’aimez pas la nouveauté, c’est que vous n’aimez pas la musique »

par LA REDACTION

Entre l’une de ses multiples escales à Cotonou, Manu Dibango, nous a fait le plaisir d’être notre invité. C’était le 03 Décembre 2011 dernier. Sur la scène de l’Institut Français de Cotonou, il a émerveillé le cœur de ses fans  et du public avec les sonorités irrésistibles.  Octogénaire, rien n’est altéré chez le saxophoniste Camerounais, Manu Dibango, de son vrai nom Emmanuel N’Djoké Dibango. Sa voix roque continue d’amuser la galerie.  Il continue aussi de « massacrer » son saxo et de soulever le public avec des mélodies nostalgiques. Dans nos échanges, il aborde l’actualité de sa double production d’album en 2011, sa vision sur les nouvelles innovations dans la musique et sa façon à lui de passer le témoin. 

Horizon Cultures : Pourquoi avoir choisi l’année 2011 pour sortir deux albums  complètement différents ? Je veux parler de « Ballade Emotion » et de « Past Present and Future »

Manu Dibango: (Rire) si je voulais blaguer, je dirai pourquoi pas, mais je pense que c’était le bon moment au fait. Vous savez les décisions ne se prennent pas toujours longtemps à l’avance mais je pense qu’il y a aussi un côté instinctif. J’ai senti que c’était le bon moment de faire quelque chose que je n’ai jamais fait ; sortir deux albums complètement l’un différent de l’autre. Ça je ne l’ai jamais fait et puis c’est une intuition comme ça. Aussi, parce que j’ai eu deux différents producteurs. Le premier m’a proposé de faire un album instrumental avec tous les standards que je n’ai jamais eu l’occasion qu’un producteur me propose de faire un disque de standard. L’autre, ce n’est pas pareil. L’autre c’est un jeune  et il faut considérer que c’est « waka Africa n°2 » (un album où des artistes africains de renom ont chanté avec Manu NDLR). C’est peut être une vingtaine  d’années entre les deux donc le deuxième paraît plus logique alors que les deux sont logiques, puisque je suis instrumentiste. Ce n’est pas toujours évident, c’est vrai qu’on ne sait jamais.

Alors, que peut-on retenir du tout dernier intitulé « Past, Present and Future ?

C’est la rencontre des gens venant d’horizons différents. Que ce soit les PASSI, que tout le monde connait, que ce soit un groupe de jeune camerounais « Ismaléa », que ce soit  Delford, lui-même le réalisateur qui a joué des morceaux placards, c’est la nouvelle tendance et puis aussi des bons musiciens. C’est donc la rencontre de tout ça qui a motivé ce disque.

Est-ce qu’on peut dire que c’est une manière pour Manu Dibango de passer le témoin à la jeune génération ?

Vous savez le témoin est passé automatiquement déjà dans mon orchestre. Le témoin est passé. Dites-moi combien de musiciens sont passés dans cet orchestre ? Beaucoup y compris Angélique Kidjo. Alors on ne peut pas dire que le témoin n’est pas passé.

Comment envisagez-vous l’avenir de la musique avec le recul des consoles et des instruments face à  l’émergence des logiciels et des compositions à l’ordinateur ?

De tout temps, il y a eu de nouveaux instruments. A l’époque des Back, le piano tempéré n’existait pas avant.  Les instruments ont été crées au fur et à mesure que les besoins se font sentir et des possibilités imaginatives.  Le saxon n’est venu quand même qu’au 19e siècle alors qu’il y avait la clarinette, le haut bois,  la flûte. Tout ça c’est au fur et à mesure. Alors si vous vous fermez et vous dites que vous n’aimez pas la nouveauté, c’est que vous n’aimez pas la musique parce que c’est toujours une ouverture d’horizon. Bien entendu dans les instruments, il y a à manger et à boire etc. Quand les instruments nouveaux arrivent, il faut avoir la curiosité de chercher ce qui vous convient et ce qui ne vous convient pas. Il faut avoir la patience et écouter pour savoir faire la sélection vous-même, ceux dont vous avez besoin et ceux dont vous n’en avez pas besoin. Surtout ne jamais se fermer et vivre la nostalgie. La musique n’est pas que nostalgie.

Aujourd’hui, vous initiez votre petit-fils à la musique. C’est avec bonheur ou vous vivez cela comme une imposition ?

Je crois qu’il aime ça. Cela ne veut pas dire qu’il va en faire son métier. Il verra plus tard. Le fait est qu’il aime ça et il a choisi lui-même l’instrument et puis bon ça marche. Moi je suis content de cela parce que son père ne fait pas de la musique.

Propos recueillis par Sessi TONOUKOUIN

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